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vendredi 4 mars 2011

Berne cherche à décrypter la menace anarchiste


Les actions violentes liées à des groupuscules d’extrême gauche sont en augmentation. Le Service de renseignement de la Confédération les a dans sa ligne de mire. Décryptage du phénomène
Les milieux anarchistes violents inquiètent les autorités fédérales. De récents incidents, comme l’attentat devant l’ambassade de Suisse à Rome, la tentative d’incendier le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone ou encore la petite explosion dans un hôtel de Davos, ont démontré une recrudescence d’actes liés à des milieux d’extrême gauche prêts à ­aller très loin pour défendre leur cause.
Une scène difficile à cerner, où anarchistes, écoterroristes et extrémistes de la cause animale s’entremêlent. A Berne, des élus fédéraux montent au front pour prôner une attitude plus répressive à leur égard. Et exiger du Conseil fédéral une étude fouillée sur l’extrémisme de gauche. On y trouve les présidents des commissions de politique de sécurité – deux PDC –, mais aussi l’UDC Maximilian Reimann ou le socialiste Daniel ­Jositsch.
Dans son rapport de 2009, Fedpol, la police fédérale, souligne que les enquêtes sur les extrémistes de gauche visent en particulier les chefs de file de la Reconstruction révolutionnaire suisse (RAS), dont Andrea Stauffacher, soupçonnés de divers délits. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) évoque aussi ce groupe d’idéologie marxiste-léniniste, le plus important de Suisse, qu’il qualifie de violent. De même que le Secours Rouge International – une organisation de soutien aux «prisonniers révolutionnaires» communistes et anarchistes –, qui dispose d’un secrétariat à Zurich, auprès de la RAS.
Des membres de la RAS étaient d’ailleurs présents, dit-on, lors de l’agression du conseiller national Hans Fehr (UDC/ZH), alors qu’il se rendait à une réunion de l’Albisgüetli. Et le Ministère public de la Confédération vient d’annoncer, le 2 février dernier, le renvoi en jugement de deux de ses membres, accusés d’avoir commis, entre autres, cinq attentats à l’explosif et un incendie intentionnel entre septembre 2002 et mai 2008. Ces attentats étaient dirigés contre des bâtiments loués aux «représentations d’institutions étatiques ou semi-étatiques» et, dans un cas, contre la voiture d’un fonctionnaire.
Selon les services de renseignement, la scène d’extrême gauche suisse comprendrait 2000 partisans, «dont mille environ considérés comme violents». Le SRC évoque même, dans son dernier rapport annuel, des liens avec des «groupes terroristes de gauche à l’étranger».
Et les milieux anarchistes qui ­recourent à des méthodes crypto-terroristes? L’arrestation, le 15 avril dernier, de deux Italiens et du Tessinois Luca Bernasconi, alias Billy, avec une quantité importante d’explosifs alors qu’ils étaient en passe de commettre un attentat contre un site de nanotechnologies d’IBM à Zurich, a provoqué une série d’«actions de solidarité», souligne le SRC.
Tous trois, liés à l’organisation anarchiste italienne Il Silvestre, une des plus dynamiques d’Europe, sont toujours incarcérés en Suisse. Ces actes «de solidarité» sont souvent aussi perpétrés en «l’honneur» de Marco Camenisch, grande figure de l’anarchisme qui purge une peine de prison à Bochuz pour avoir commis des attentats à l’explosif contre des pylônes électriques et tué un douanier.
«Dans les revendications faites suite aux attentats perpétrés à Athènes en novembre 2010, ainsi que celui visant l’ambassade de Suisse à Rome en décembre 2010, il est fait mention des trois personnes incarcérées en Suisse», précise Felix Endrich, porte-parole du SRC. Ces attentats ont été revendiqués par la Fédération anarchiste informelle (FAI), mais l’évocation des trois prisonniers prouve l’existence de ramifications, ou du moins de contacts, entre les milieux européens et suisses. Déjà en octobre, un paquet avec un mécanisme incendiaire avait été trouvé devant l’ambassade de Suisse à Rome, demandant la libération des trois éco-anarchistes arrêtés en avril.
Le 17 janvier dernier, des anarchistes ont par ailleurs revendiqué la tentative d’incendie – le feu a vite été éteint – contre le bâtiment abritant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone. L’inscription «Feu aux tribunaux. Abattons l’Etat» a été sprayée près de la porte d’entrée. Le TPF avait déjà pris des mesures opérationnelles et de sécurité après l’attentat contre l’ambassade de Suisse à Rome. Préoccupée par cette «signature anarchiste», la police tessinoise a précisé avoir constaté la réapparition du symbole anarchiste dans plusieurs endroits du Tessin, avec des slogans de soutien à Marco Camenisch, transféré en automne de sa prison zurichoise à Bochuz.
Toujours selon le SRC, un «grand potentiel de violence» se trouve aussi chez les «Black Blocks». Ses jeunes membres, autour de la vingtaine, agissent généralement masqués lors de manifestations. Ces casseurs sont liés au RAS.
Et les activistes qui s’en sont pris à un hôtel de Davos en plein World Economic Forum (WEF), en faisant exploser des engins pyrotechniques, sans vraiment causer de dégâts? L’explosion a été revendiquée par Revolutionnäre Perspektive sur le site indymedia.org. Les activistes y affirment avoir aussi saboté le chauffage en versant du sucre dans la citerne à mazout. Ils avaient réglé le détonateur à retardement pour 6 heures, «pour ne pas mettre les employés de l’hôtel en danger». Mais l’engin a explosé trois heures plus tard. Des amateurs? Les autorités fédérales préfèrent ne pas sous-estimer ce genre d’actions.

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